Les Dossiers de la Vaunage

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Hommage à Daniel LEBRUN, sculpteur

 Un univers de creativité . Daniel LEBRUN

A quelques pas de Congeniès, nous sommes allés à la rencontre de Daniel LEBRUN pour l'interviewer . Hélas nous sommes arrivés trop tard:il était déjà parti....

Daniel LEBRUN aimait sculpter la pierre sèche. Il créa, petit à petit, autour de son petit mazet un univers tout à fait merveilleux.

Voici quelques images de sa prolixe créativité .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hommage à Daniel Lebrun

Dans son refuge niché en plein bois au-dessus de Congeniès*, Daniel Lebrun a réveillé l'âme des pierres de garrigues. Il était natif de Congeniès et habitait Caissargues. Il vient de nous quitter cet été 2003, à la suite d'une longue maladie (Parkinson).

 

" A cet endroit que Daniel nomme les quatre chemins d'Alès, il se passe quelque d'étrange et de captivant. Un homme aux allures de papé coquet, les yeux doux et bleu tendre, la moustache élégante, aime venir se plonger dans la solitude verte de son mazet. Il pourrait rester là, assis sous ses grands pins qui ont une ombre mouvante, à regarder passer les randonneurs, leur offrir peut-être un verre d'eau, parler avec un ami de passage."

L'endroit est magique, quelque chose d'apaisant s'en dégage. Dans ce lieu qui évoque le paradis d'Henri Bosco dans son livre " l'âne sans culotte ", cet homme donne des formes à ces rêves.

Ce n'est pas un sculpteur comme les autres. La pierre qu'il aime n'est pas une pierre de sculpteur, destinée à être polie, adoucie, satinée. Non, la sienne reste comme elle est dans la nature. Une pierre qui est dehors et qui le demeure (…).

 

Quand on arrive aux abord du mazet, on n'en croit pas ses yeux. Une horde sauvage et muette, nous attend au tournant du chemin. Une foule étonnante arrêtée dans son élan. Il en a qui bordent le chemin, des renards, des lièvres, des loups, des petits animaux de la forêt. D'autres, à l'entrée des escaliers escarpés, descendent vers la maisonnette : un grand sanglier et ses petits, des ours, beaucoup d'ours, des bébés, des gros, assis, en marche (…).

 

Je cherche toujours, dit-il d'une voix qui trahit sa timidité, je regarde, un peu comme si je voyais des ombres chinoise. Je ne sais jamais vraiment ce que je vais faire. Je porte la pierre quand je peux, je la place par terre et je passe devant, je la regarde, j'attends qu'elle me parle pour commencer, si elle ne dit rien, je la laisse et j'attends d'en faire quelque chose. Quand il dit parler, Daniel à un peu peur qu'on le prenne pour un demeuré. Pour lui, parler veut dire chanter, suggérer la forme qu'il va tailler avec son burin. Tout en douceur, car cette pierre casse sans crier gare. Il faut travailler à l'oreille. Si elle sonne creux, attention.

 

Les sangliers

Ce calcaire est une pierre dure et fragile, têtue comme une chèvre sauvage qui se dérobe à la caresse, et puis douce soudain comme une femme conquise, sous la main qui la transforme.

 

Dans sa simplicité et sa générosité, ce vieux monsieur digne, au gilet rouge vif, dit avec simplicité qu'il aimerait, lorsqu'il partira, faire de ce lieu un musée promenade.

Rencontrer le jardin enchanté de Daniel Lebrun procède d'un véritable état d'esprit … ".

 

Extrait Midi-Libre du 23 juillet 2002, auteur Martine Brès

 

* Pour y accéder à partir de la place du village, prendre la rue du Montadou et faire environ 800 m pour atteindre le chemin de terre, monter toujours tout droit pendant 300 mètres.

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